45:54 – Réalisateur : «Début octobre, nous avons un nouveau gouvernement et on nous parle de plus en plus d’une deuxième vague. J’aimerais savoir comment ça se passe aux soins intensifs des hôpitaux bruxellois. (…)»

Le réalisateur nous montre alors des images tournées le 7 octobre 2020, dans une unité de soins intensifs. Il n’y a que peu de patients. Nous avions déjà abordé cet épisode dans un précédent article : «Le Professeur Laterre, la deuxième vague et les populations allochtones.» Pour rappel, l’astuce consiste ici à illustrer la 2ème vague avec des images tournées bien avant le pic des hospitalisations, qui ne sera atteint que dans la première moitié de novembre.

Pourquoi ne pas y être retourné 1 mois plus tard, lorsque les hôpitaux étaient saturés ?

La RTBF, dans le cadre de son documentaire «Quand le doute vire au complot» a interrogé le réalisateur sur ce sujet : pourquoi n’a-t-il pas montré ce qu’il s’était passé dans les hôpitaux belges un mois plus tard, au pic de cette 2ème vague ? Nous laissons le soin au lecteur d’apprécier l’explication :

 

«J’étais au montage.»

Il était au montage ? Que faut-il comprendre ? Il ne pouvait plus intégrer de nouveau éléments à son film ?

Pourtant il y a des scènes qui se réfèrent à des événements postérieurs à ce pic d’hospitalisations, survenu dans la 1ère moitié de novembre 2020. C’est le cas, par exemple, de la scène consacrée au Pr Basetti, qui nous montre un article du Corriere della Sera daté du 19 novembre. C’est aussi le cas de la scène sur les tests PCR, basée sur un document de l’OMS publié le 14 décembre 2020. L’interview de la de la Docteure Vandermeeren date du mois de novembre (selon ses dires à elle). Nous ne prétendons pas être exhaustifs (nous n’avons pas «débunké» l’intégralité du film). Rappelons encore qu’au pic de la 2ème vague, Bernard Crutzen était encore en pleine «enquête.» Sur Facebook, il lançait un appel pour avoir des témoignages sur les pratiques qui viseraient à «gonfler les chiffres des hospitalisations, dont les médias nous rabâchent les oreilles.»

 

 

Bref, le prétexte technique ne tient guère la route.

«C’était au JT tous les jours»

La suite des explications du réalisateur est également très intéressante. Nous voyons ici un argument qu’il a utilisé à plusieurs reprises lorsqu’il était questionné sur les «petits arrangements allant dans le sens de son récit» qui caractérisent son film : «C’était au JT tous les jours. C’est bon là. Non ?»

Remarquons d’abord que cette explication ne cadre déjà plus avec ce qu’il a dit au préalable : «J’étais au montage». Après avoir invoqué un prétexte technique, ici, il invoque un choix éditorial assumé : «C’était au JT tous les jours», donc il ne voulait pas en reparler dans son film, de ces hôpitaux saturés.

Cette explication rappelle d’autres propos allant dans le même sens. Peu après la sortie de son film, il déclarait dans 7sur7 : «On reproche à mon film d’être partial, mais je le suis car les médias mainstream ont été partiaux dans l’autre sens. Pour être entendu et équilibrer la balance, il fallait que je tape fort.» Dans L’Avenir, il déclarait «Je vois mon film comme un contrepoids».

Posons la question clairement. Peut-on «contre-balancer» ce qu’on estime être une information partiale par une autre information partiale ? De spécialistes en éthique ou en épistémologie trouveraient sûrement ici de quoi disserter longuement. Nous allons cependant être brefs : celui qui prétend dénoncer une manipulation de l’information se devrait de proposer une information plus fiable que ce qu’il dénonce, et non pas manipuler à son tour.

Or, cette désinformation qu’il prétend dénoncer, il la fabrique lui-même largement par ses procédés, que nous pouvons qualifier de mensongers.

Grompf